avantages-casinos-en-ligne1.jpg « Il y a une véritable chasse aux sorcières. Les casinos en ligne sont légaux ! » 

Le Suisse Laurent Malka travaille dans l’univers de l’industrie du jeu depuis six ans. Spécialiste attentif des casinos virtuels, il nous livre son analyse.  Le Genevois Laurent Malka a su profiter du développement de l’outil internet. Après des études de sciences économiques à l’Université de Genève, il fonde, à l’âge de 29 ans, avec plusieurs associés, l’agence de communication CasinoPartners.  Depuis 2002, cette société, implantée à Tel-Aviv, en Israël, travaille dans l’industrie du jeu en ligne. Elle agit au nom des cinq casinos virtuels et des deux salles de poker les plus reconnus au monde. Elle est chargée d’acheter de l’espace publicitaire, de conclure des accords commerciaux et de développer des outils nécessaires à la bonne marche d’un casino virtuel. Aujourd’hui, une dizaine de sociétés similaires à CasinoPartners se taillent la part du lion. Mais l’agence de Tel-Aviv est celle qui comprend le plus gros groupe privé de casinos. Si Laurent Malka a aujourd’hui arrêté ses activités au sein de cette société, il nous livre les ficelles du marché.  

Laurent Malka, comment avez-vous débuté dans l’industrie du jeu ?C’est un peu par hasard. Des amis m’ont proposé de toucher à ce secteur. Au début, j’étais un peu réticent. Mais le challenge de s’attaquer à une industrie très compétitive et profitable l’a emporté sur les préjugés.

Pourquoi avoir alors quitté le groupe CasinoPartners ?

Les opportunités sont limitées lorsque l’on est associé et que l’on défend les intérêts de manière exclusive d’un seul groupe. J’avais envie de mieux capitaliser mes compétences et de toucher à d’autres domaines. Mais je reste très attaché au monde du jeu en ligne et j’offre désormais des services de conseils à différents groupes.  

Est-ce que les casinos virtuels participent vraiment à l’économie ?    

Il est clair que ces sociétés en ligne ne paient pas directement d’impôts. Les retombées économiques sont pourtant bien là. L’an dernier, CasinoPartners a dépensé cinquante millions de dollars en publicité.  

Où réside l’intérêt de certains pays étrangers à distribuer des licences de jeu ?

Ces sociétés sous licence emploient de la main-d’œuvre locale. De plus les services de communication ne sont pas gratuits. L’achat de la licence est aussi onéreux. Les taxes sont payées d’une manière détournée. Et l’économie locale en profite. 

 Il n’y a aujourd’hui pas de législation mondiale homogène. Peut-on parler d’autorégulation ?

Oui. Un casinotier en ligne doit avoir une éthique professionnelle. Autrement, les joueurs ne viendront pas miser et les partenaires commerciaux partiront. Sur internet, seule une réputation irréprochable permet d’attirer la clientèle et d’instaurer un climat de confiance.  

La question du jeu en ligne n’est-elle pas délicate ?

En effet. Il y a une véritable chasse aux sorcières. Et pourtant les lois sont claires. En France par exemple, on n’a pas le droit d’exploiter un casino en ligne à partir du territoire français. Mais personne ne le fait ! Cette traque n’a aucune base. Si des pays comme Malte ou Gibraltar distribuent des licences de jeu, ces casinos sont tout à fait légaux sur leur territoire.

De plus en plus de pays tentent de limiter l’accès à leurs résidents sur des plateformes étrangères.  Qu’en pensez-vous ?

Un exemple : Les Etats-Unis. Ils peuvent interdire ce que bon leur semble (n.d.l.r : ce pays a récemment interdit aux banques émettrices de cartes de crédit de traiter des transactions du jeu en ligne), cela ne rend pas ce marché illégal pour autant. Si un gouvernement veut limiter l’accès à ses joueurs, il n’a que peu de solutions. Il peut introduire des lois qui limitent la publicité ou les transactions financières. Mais la législation ne s’appliquera que sur son territoire.  

Peut-on un jour imaginer que des licences de jeux soient distribuées en Suisse ?

Pourquoi pas ! Les sensations du casino terrestre est par exemple différente du jeu en ligne. Ce n’est pas parce qu’un joueur utilise un casino online qu’il arrêtera d’aller à Montreux. Par contre, cette industrie a une marge de manœuvre assez faible. Les taxes ne doivent donc pas être trop excessives. Car cette activité doit rester profitable. Et puis, se présenter comme casinotier suisse, c’est toujours mieux que venir des Caraïbes.