Facebook ne déroge pas à la règle. Sites de rencontres, tchats en tout genre, on sait depuis longtemps que ça drague dur sur le net. Se faire des amis, connecter le monde et les cultures différentes des quatre coins de la planète est une chose. Mais l’envers du décor n’est qu’à un clic de souris.

En effet, prenez l’Afrique par exemple. Les connections internet se démocratisent en Afrique et deviennent (presque) accesibles aux plus démunis. Les connections Internet sont certes très rarement privées, mais les cybercafés poussent comme des champignons dans les grandes villes du continent, ouvrant ainsi la voie à la découverte de l’imaginaire européen et à ses soi-disantes richesses…

 Loin de moi l’envie de juger cette attitute, arrêtons-nous quelques secondes sur le phénomène. En Afrique, des familles entières se cotisent pour payer des heures de connection Internet en espérant que leurs enfants (filles en majorité) trouvent un mariage heureux sur la toile. Prenez par exemple le site www.tchatche.com. Certes, certaines Africaines vendent leurs services sexuels par webcam interoposées, d’autres proposent d’investir dans leur salon de coiffure ou autres projets agricoles. Mais ce tchat francophone est bien fréquenté à 60% par le continent africain. Jusqu’au point que les cybercafés africains sont aujourd’hui (pour la grande majorité) munis de petits rideaux pour que les femmes puissent montrer leurs formes à leur futur mari…très calmement! installé dans sa chaise de bureau à plusieurs milliers de kilomètres. Cela marche tellement bien, que de nombreux Européens en quête d’amours lointains se déplacent pour rencontrer ces femmes, que les familles font un plaisir de marier. Et tout ceci peut aussi commencer par un simple friend request…

Evidemment, de nombreux cyber-Européens jouent le jeu (notez, c’est toujours moins cher que Meetic) et cherchent aussi leur manne sur Internet. Seulement voilà. Si on espère que ces mariages finissent pour la pluspart heureux (avant un petit tour à l’ambassade), certaines femmes sont ramenées en Europe pour être tout simplement mises sur le trottoir…alimantant les réseaux de prostitution. L’envers du décor est bien là. Do you have a facebook ?

aaa.jpgDepuis bientôt dix jours, le Tibet est à feu et à sang. Une question se pose. L’indépendance du Kosovo n’a t-il pas donné des idées à d’autres provinces comme certains spécialistes l’avaient prévu ?

Plus étonnant encore, les informations sont divergentes, les bilans aléatoires et les images sont distribuées au goutte-à-goutte par le gouvernement chinois ou par quelques touristes de passage…D’ailleurs les télespectateurs chinois sont privés des images du Tibet, puisque que CNN présente un écran noir lors des rares sujets tournés par les caméramans de la châine d’information. Tout ceci rappelle aussi étrangement ce qui se passe en Irak. Les informations sont scrupuleusement épluchées par l’Etat major américain et les caméramans sont exclusivement américains et surtout militaires avant d’être des preneurs d’images…Les vraies images se retrouvent sur Youtube ou Dailymotion (ce dernier a d’ailleurs subit des pressions du gouvernement Bush et distille les images les plus softs…).

 Pas de correspondant, aucunes lignes signées dans un journal d’information. Juste quelques dépêches de presse retravaillée par les rédactions, sur la base des informations du gouvernement du Daï Lama en exil. D’ailleurs sa clique est accusée par Pékin d’organiser la pseudo-révolution qui se déroule…Objectivement d’ailleurs, c’est possible.

Reste que les quelques reporters chevronnés sont repoussés aux frontières, la région étant scrupuleusement cadrillée par les militaires chinois. La communauté internationale (c’est quoi ça déjà?) appelle la Chine à la retenue et au calme. Où sont les observateurs onusiens au Tibet ? Que fait le Conseil de sécurité ?

Si la communauté internationale agit de manière concrète , les journalistes rentreront au Tibet et nous seront inondés d’images. Une belle attaque à l’image de marque de la Chine. Mais à quelques mois des Jeux Olympiques de Pékin, vous savez, cette grande messe universelle et fédératrice de tous les peuples, ça serait tellement dommage de se fâcher.  D’ailleurs, une fois les Jeux commençés, le Tibet intéressera-t-il encore lorsque les objectifs seront braqués sur Pékin ?  Je n’ai qu’un souhait, médiocre, mais symbolique (que d’autres partagent d’ailleurs): qu’un athlète monte sur le podium avec un drapeau tibétin.  Ca serait déjà ça. A moins que les Européens ne reçoivent pas l’image…

Banlieue de Berne. Une maison de retraite à quelques mètres du quartier des ambassades. Anne-Marie Im Hof me laisse entrer dans sa chambre. Grand sourire, elle est couchée dans son lit, les écouteurs sur les oreilles. Elle avait presque oublié qu’on avait rendez-vous. A 92 ans, la vieille dame perd un peu la mémoire, mais ses propos sont encore d’époque. En 1990, elle a été décorée par l’Etat d’Israël tout comme 20′000 autres personnes pour être venue en aide, au péril de sa vie à des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale. Son nom est gravé sur une colline à l’ouest de Jérusalem. Juste parmi les Nations. Cinquante autres Suisses ont reçu cette distinction. Mais le titre, elle s’en fiche. “Quiconque sauve une vie sauve l’Univers tout entier”. C’est ce qui est marqué sur sa médaille. Elle trouve que c’est un peu poussé..

Engagée dans la Croix Rouge Suisse dès 1942 pour le secours aux enfants, elle travaille en France. Et la femme originaire de la Vallée de Joux comprend très vite que ses protégés ne seront pas épargnés par le gouvernement de Vichy. Des rafles ont déjà eu lieu dans la colonie des enfants, alors que la Croix Rouge ne bouge pas le petit doigt. Raison pour laquelle elle fera passer douze enfants Juifs illégalement en Suisse par le Risoux, tout près de sa vallée natale. Elle sortira d’ailleurs un livre en 1985 pour raconter ses activités clandestines entre la France occupée et la Suisse. Un coup de tonnerre ? Rien de tout ça. Trop peu de monde l’ont lu. Encore aujourd’hui, même si Giscard d’Estaing a fait son mea culpa, ou que le conseiller fédéral Pascal Couchepin a voulu honorer la mémoire de ces Justes en février dernier, cet engagement est mis aux oubliettes de l’histoire, tout comme les fonds juifs en déshérence. A-t-on oublié que les douaniers helvétiques envoyaient les réfugiés juifs à une mort certaine en les refoulant à la frontière ?

Dans un mois, Anne-Marie Im Hof aura 93 ans. Pourtant, elle est une des dernières témoins d’une bien sombre époque de l’histoire suisse. Peut-être suis-je le dernier journaliste à avoir entendu son témoignage ? Mais après, qui le fera ? Calme, touchante et sereine. Elle sait ce qui l’attend.

 

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Depuis deux ans, ils sont de moins en moins nombreux à rejoindre l’armée professionnelle française. Explications.  

« S’engager dans l’armée suisse, c’est comme faire de la formule 1 avec un tracteur. Même si la formation y est excellente, j’ai appris ce que c’était que de vivre un conflit étranger», lâche Cédric Manina, originaire de Blonay. Ancien sous-officier et grenadier de montagne, le Vaudois a pourtant combattu en Bosnie, avant de rejoindre le Tchad et le Gabon. Salaire actuel : 2600 euros par mois. Comme deux-cents autres Suisses (14% des effectifs), le soldat de 30 ans, qui s’est vu offrir la nationalité française, sert sous les drapeaux de la Légion étrangère. Ce que le code pénal militaire interdit depuis 1937.  Problèmes familiaux, goût de l’aventure, travail armé sur un conflit à haute intensité – ce que la neutralité suisse ne peut offrir : les raisons invoquées par les Suisses à s’engager sont aussi diverses que nombreuses. « Je voulais voir de mes propres yeux ce que 24 minutes de documentaire donnaient en sept mois de formation», commente cette recrue du deuxième régiment de parachutiste qui souhaite garder l’anonymat. Il sert depuis près de neuf ans dans la troupe combattante, pour laquelle il a notamment servi en Ex-Yougoslavie. Si « le travail et les copains » motivent le militaire originaire de la Riviera, des problèmes familiaux  l’ont incité à signer. « Moi, j’ai fait des conneries étant jeune. Il me fallait quitter le pays», explique quant à lui Ami Combremont. Aujourd’hui âgé de 57 ans, l’ouvrier a fini de payer ses galons à la Légion en 1975, sous le pseudonyme d’Albert Cantrel. Il prendra d’ailleurs 6 mois de sursis pendant 2 ans pour cet écart.

Cependant, si la Légion a toujours véhiculé un certain mythe et engouement auprès des jeunes, les engagés suisses sont en diminution sensible depuis deux ans. Raison invoquée par la Légion ? « Ils sont aujourd’hui plus en attente de confort qu’auparavant. Ce que notre armée ne peut offrir », explique Christian Rascle, lieutenant-colonel du service de presse. Cette diminution n’est pas propre à notre pays : elle est présente dans la  plupart des nations d’Europe occidentale. Mais d’autres explications peuvent être invoquées. Les nationalités composant la Légion étrangère ont toujours été en étroite corrélation avec les événements de ces pays, à l’image de l’exode des soldats allemands de la Wehrmacht et des Waffen-SS dès 1945, ou la crise de l’emploi. C’est clairement moins le cas aujourd’hui. « De plus, les légionnaires sont aujourd’hui envoyés sur moins de conflits directs», explique le français Marcel Baarsch, président de l’Amicale des Anciens Légionnaires de Genève. Alors que la Légion a combattu lors des deux guerres mondiales et en Indochine (septante milles légionnaires mobilisés), les rares opérations armées sont aujourd’hui plus ciblées : à peine plus de 2500 hommes déployés lors de l’opération Tempête du Désert dans le Golfe en 1992. Année qui marque aussi le début des actions de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU : interposition, contrôle de foules, collecte d’armes. Enfin, l’effectif des militaires se sont réduits depuis dix ans : 8000 hommes actuellement. La sélection est alors devenue plus rude : sur une fourchette de six candidats, seul un fût engagé en 2006.

La Légion, une tradition suisse  

L’histoire de la Légion française est intimement liée à l’engagement des Suisses. Le lieutenant colonel Albert de Tscharner en est le plus illustre personnage. Originaire d’Aubonne, cet officier de cavalerie sera titulaire de seize compagnies entre 1916 et 1931, se battant du bord du Rhin, jusqu’au Maroc. En 1933, il reçoit la cravate de commandeur de la Légion d’honneur pour services rendus.

Historiquement, les Gardes Suisses, mercenaires au service de la monarchie française dès 1436 défendirent le roi Louis XVI lors de l’assaut des Tuileries en 1791. En 1830, ce sont eux qui protégèrent la royauté face aux révolutionnaires. Et c’est lors du décret de mars 1831, que le roi des Français Louis-Philippe donne naissance à la Légion : les différents corps étrangers de l’armée française, dont les Gardes Suisses, issus de la Paix perpétuelle signée après la bataille de Marignan sont rassemblés. De plus, si les couleurs de la Légion sont le vert et le rouge, la légende souhaitant que cela soit les couleurs des Gardes Suisses, les paroles du chant traditionnel de la Légion font référence aux Suisses. De 1831 à nos jours, trente à quarante mille de nos compatriotes y ont servi. Huit milles d’entre eux ont donné leur vie à leur patrie d’adoption durant la première guerre mondiale.