Marc, ce type qui a sauvé ma fête des mères
mai 11, 2008
J’étais dans un bar cet après-midi. Alors que je fumais une clope et que je buvais mon café devant mon ordinateur portable, je me disais qu’il fallait absolument que je mette un point final aux articles que j’avais en retard, ainsi que les dix-mille travaux que j’avais à rendre pour l’Université. Autant dire que je n’avais pas forcément la tête à fêter ce dimanche, la fête des mères. Tout d’un coup, un type me tend la main. “Bonjour, je m’appelle Marc. Vous allez bien ?”. A première vue, ce type était dérangé. Il venait de faire le tour du bar pour serrer la main à tous les clients…. Certains le regardaient d’un air circonspect. Après avoir changé trois fois de place et commandé une dizaine de fois sa boisson à la sommelière….le voilà qui s’essaie à côté de moi, avec son grand sourire. “Vous faites quoi sur votre ordinateur ?”, me questionne-t-il. Je lui explique que j’ai pas mal de travail…Il avait l’air de s’en ficher complètement. Je lui tends une chic. Il me remercie. Je lui explique ensuite que je me réserve un peu de temps aussi pour regarder la finale de Wawrinka via Zattoo sur mon ordinateur. ”C’est qui Wawrinka ?”, rétorque-t-il. Je lui explique que c’est un des meilleurs tennismans suisses…avec Roger et qu’il joue aujourd’hui à Rome. Il semblait ne pas connaître….
Marc, je me rappelle maintenant l’avoir croisé le matin dans le train…Je ne sais pas exactement où il se rend, mais sa vie se résume à quelques préoccupations précises. Dire bonjour à tout le wagon, se renseigner sur l’heure qu’il est, la prochaine station que le train régional atteindra, ou encore de ne pas oublier sa veste dans le train…sans oublier si il fera beau demain… Et bien en ce dimanche après-midi, Marc m’a redonné le sourire….comme lorsque je le croise le matin à 7h dans le train. Il s’en fiche complètement de qui est Wawrinka, ou Federer, du travail qui m’attend ou de celui qu’il aura à fournir demain. Ce petit gars sait simplement nous rappeler l’essentiel. Quid du travail ou de l’argent que l’on doit se faire, le principal est de faire partager son bonheur avec les autres. L’échange, les rencontres. Tout le reste n’a pas d’importance s’il n’est pas partagé….Une morale que résume d’ailleurs bien le film Into the Wild de Sean Penn. Un film que Marc n’a sûrement pas vu. Pourtant, ce gars m’a aujourd’hui fait la leçon, alors qu’intrinsèquement, il n’a rien de plus extraordinaire qu’un autre. Morale de l’histoire : j’ai bouclé mon ordinateur, je suis passé chercher des fleurs et je suis allé voir ma mère.


