La rémunération annuelle des dirigeants des entreprises américaines qui recevront à l’avenir l’aide de l’Etat est désormais plafonnée à 500 000 dollars. C’est ce qu’a annoncé le président américain Obama la semaine dernière. Pourquoi ? Certaines entreprises, principalement les banques, qui ont bénéficié de l’aide des pouvoirs publics pour rester à flot dans les turbulences financières, ont continué à rétribuer généreusement leurs patrons. Face à la colère des contribuables, Barak Obama a jugé ces pratiques irresponsables et honteuses. En effet, comment convaincre les citoyens de la nécessité de mettre la main au porte-monnaie pour un secteur dont la survie est jugée essentielle, alors que ses dirigeants mènent grand train ? Ce n’est pas la première fois que le président se fâche sur ce sujet.

En janvier déjà, Obama avait exprimé son dégoût après l’annonce de Wall Street du versement de près de 18 milliards de dollars de primes à leurs salariés en 2008, alors que les places financières de New York ont bénéficié d’un plan gouvernemental de 700 milliards de dollars. Mais au sein des grands noms du secteur de la finance américaine, on brondit le chiffon rouge : ceux-ci craignent l’exode des talents vers d’autres places financières mondiales. 

 Reste que cette annonce est d’autant plus importante qu’elle intervient au moment même où le président s’efforce de faire voter un nouveau plan de relance de 800 milliards au Sénat américain. La partie est loin d’être gagnée, puisque le projet divise tant les républicains que les amis démocrates du président. Mais pour que le projet passe la rampe du Congrès, le contribuable américain ne doit plus avoir l’impression que son argent va directement dans les poches des grands banquiers de Wall Street : là réside la force de l’annonce du président. Mais hier encore, Obama s’est inquiété de la lenteur de la prise de décision du Sénat – qui débat depuis dix jours –, ce qui pourrait avoir des conséquences potentielles catastrophiques sur une économie américaine au bord du gouffre. De plus, le plafonnement des salaires a une autre ambition : ramener la confiance dans le système bancaire. En effet, repartir sur des bases solides est primordial avant un second soulèvement de fonds. Une interrogation subsiste cependant : Obama ne s’est-il pas tiré une balle dans le pied avec cette annonce ? Les établissements ne vont-ils pas tout faire pour ne pas réclamer l’aide publique américaine et ainsi retarder justement…le plan de relance ?

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