Lorsque la ville de Bruxelles décide d’offrir une soirée à ses mille Erasmus, elle met les petits plats dans les grands. Elle n’a pas le droit à l’erreur : sa crédibilité de ville européenne des plus festives est en jeu. La soirée semble d’autant plus excitante pour les étudiants stationnés ici, qui n’attendent que de sortir de leur kot (mot belge pour définir une chambre d’étudiant) pour libérer leurs pulsions les plus profondes. Elle l’est encore plus pour les expatriés lausannois, habitués aux nuits en capital vaudoise et forcément, avides de changement. A défaut de plaire, l’annonce a au moins le mérite de mettre du baume au cœur. Va-t-on autant s’amuser qu’au bal de la rentrée au D ! Club, ou lors de soirées étudiantes au Buzz ? Les femmes vont-elles danser sur des podiums en feu, ce qui d’ailleurs, ne s’est pas encore produit à Lausanne ? Va-t-on en avoir pour notre argent, alors même que la soirée est entièrement gratuite ? Pourrons-nous faire sauter les plombs de la discothèque aussi facilement (du vécu) ? On y va pour voir.

Mercredi, 21h, Cimetière d’Ixelles. Le quartier étudiant bruxellois. Une sorte de Flon, moins chic, sans les belles voitures, mais cinq discothèques et autant de friteries en plus. On passe chercher quelques litres de Jupiler chez le Paki (comprenez par-là, le Pakistanais qui tient un Night Shop), direction une house party, organisée à l’arrache une heure avant. Bon, jusque là, rien de transcendant. Des house party, on en fait aussi dans des appartements à Lausanne. On y parle aussi anglais, italien, espagnol, voire suédois ou finlandais. Mais c’est sympa. On se remémore la soirée de la veille et on ingurgite l’énième litre de bières de son échange. La soirée démarre gentiment. On reste un peu entre Erasmus lausannois, on essaie de se mélanger tout de même. Tu viens d’où, tu fais quoi, tu restes combien de temps ici, ah l’Espagne c’est génial : les conversations sont souvent les mêmes, mais on fait connaissance. On parle fort, on rigole. Mince, c’est déjà 22h et on va rater la tombola. Il faut dire que l’office du tourisme bruxellois ne s’est pas foutu de nous : un voyage pour trois personnes à Bruxelles sera tiré au sort. Une chance sur mille de gagner, c’est mieux qu’à l’Euro-million. Faut pas louper ça.

On se dépêche, on monte dans le bus où on accoste deux trois personnes au passage. « Ah, tu viens de Lausanne ? Je suis allé en vacances là-bas », t’affirme-celui-ci, alors que tu te dis au fond de toi : mais pourquoi passer ses vacances là-bas ? Tu tombes aussi sur des personnes des plus renseignées. « Ah, vous avez un métro maintenant. Il fonctionne bien ? ». « Oui, oui, très bien », tu réponds, tout en détournant la question. « C’est près de la Suède, la Suisse ? », ou « C’est beaucoup trop cher »  ou « Il y a Blocher » (tu profites de rectifier le tir) : les préjugés sont encore tenaces. Le bus nous lâche dans le métro : une de ses bouches donne juste devant le Continental Mirano, la boîte des clubbers de Bruxelles, située en plein cœur du quartier européen. En temps normal, sans chaussures vernies et sans costards, on se serait fait refoulé à l’entrée, par un malabare qui zozote. Mais ce soir, c’est différent : la soirée doit être cool et décontractée. Tout le monde est théoriquement le bienvenu. En d’autres termes, les Erasmus doivent en avoir pour leur argent. Le portique d’entrée dépassé, tu te retrouves avec une bière offerte dans chaque main, un spéculoos (biscuit belge à texture granuleuse due à la présence de cassonade) dans la bouche.

Plus de deux milles personnes attendent le début de la soirée, en mangeant frites et chocolat (gratuit), tout en participant à divers concours, sanctionnés par la gratuité (encore) de moultes bières. Là, on se dit qu’on est chouchouté. L’endroit est chaleureux et familier. Imaginez : le décor du D ! Club transposé dans une salle deux fois plus grande, qui ressemble étrangement à l’ancien cinéma du Bourg, sans le côté rétro de l’endroit. Finalement, on se sent comme à la maison. « Bon, la fête, elle commence quand ? ». Il est à peine 23h. Tout le monde attend le début du Dirty Dancing avec impatience : un set électro de pure folie bien connu ici, distillé par Cosy Mozzy, le DJ le plus affluent de Belgique. Cinq jours avant, il mixait sur le campus de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) devant 10′000 étudiants, entièrement acquis à sa cause. Certains avaient même oublié, qu’ils y avaient roulé des galoches tout en dansant à poil, postés sur les échelles de secours de l’université. Après quelques formalités sur scène (pour la petite histoire, c’est un ressortissant italien qui a gagné la tombola. Vu leur nombre, cela aurait très bien pu être un Espagnol), un immense lâché de ballons sanctionne le début de la soirée, sur fond d’un Hey Boy, Hey Girl des Chemical Brothers complètement remixé. Ca se pousse, ça se bouscule. La soirée démarre vite et bien. L’énergie et les hormones se libèrent. Boire intéresse les Erasmus, au moins autant que les études. Tout s’explique. Ou presque. Mais le clou du spectacle reste à venir sous les projecteurs et la fumée artificielle : la piste de danse se met à tourner sur elle-même ! Style, la Berneuse de Leysin. Tu te poses, tu sirotes ton chocolat chaud, tu tournes et tu regardes le paysage. La chaleur, l’ambiance électrique en plus, les montagnes en moins. Posté sur cette immense piste de danse tournante, tu peux attraper un partenaire (consentant) au passage et lui démontrer que la puissance de la musique électro vient de l’intérieur. On est rassuré : ici, on sait aussi faire la fête. Mais, dans une autre dimension : plus grande, plus massive, plus intense. « Je crois que la comparaison s’arrête là », me lâche mon collègue lausannois. Mince, il a raison ! N’empêche ! Il se réjouit déjà de rentrer pour enfiler le costard de papa pour aller frimer au Zapoff, le con ! Piste de danse tournante ou pas !

Le blog est en vacances

juillet 29, 2008

Bonjour à toutes et à tous,

Vous l’avez remarquez, ce blog ne bouge plus beaucoup depuis plusieurs semaines….En effet, l’auteur de ce blog (votre serviteur) est extrêment occupé ces derniers temps et réfléchit à de nouveaux projets journalistiques. Rendez-vous donc le 8 septembre prochain, à Bruxelles !

 

L’UDC avait encore deux conseillers fédéraux en 2003…ils n’ont en plus aujourd’hui. Pressenti depuis quelques semaines, l’UDC grisonne, exclue de la section nationale s’est rebaptisée ce soir Buergerliche Partei Schweiz (BPS). Le nom a été choisi en accord avec les dissidents de l’UDC bernoise et glaronaise. La conseillère fédérale Eveline Widmer Schlumpf a fait part de son souhait de faire partie de ce nouveau parti. Samuel Schmid, dont la direction de l’UDC demande sa tête depuis quelques mois, devrait logiquement suivre son ex-camarde de parti. Au lendemain de l’exclusion du parti grison, le conseiller fédéral avait annoncé qu’il figurait dans une liste de 35 personnalités bernoises qui demanderaient à leur section cantonale de quitter le parti national.  Une situation qui ne changerait quasiment rien pour l’UDC, puisque son influence est limitée depuis quelques années au sein du gouvernement.

Quoi qu’il en soit, le système politique suisse s’ouvre vers une nouvelle ère, dont la concordance devient encore plus limitée qu’avant. Alors que l’UDC était encore représentée par l’aile blochérienne en la figure de Blocher en décembre dernier, son éviction du Conseil fédéral avait marqué un pas de plus vers le déclin du mythe suisse de la concordance. 

Arendt Lijphart, grand penseur de la théorie consociationaliste, était persuadé qu’un pays culturellement hétérogène pouvait tout de même déboucher sur une stabilité politique, concédant néanmoins que cela serait plus difficile. A ce titre, la Suisse s’en est toujours bien tirée, puisqu’elle a toujours su intégrer toutes les forces politiques, soit dans la coalition gouvernementale, soit dans l’opposition. A tel point, que la culture politique commune des Suisses (au delà de leur hétérogénéité culturelle, religieuse et lingustique), représentée par une politique de concordance (système proportionnel et représentation des différentes forces politiques par ses sept conseillers fédéraux) s’est fondée en un mythe, à côté de celui de la démocratie directe et de la neutralité. Or, depuis 2003, le bilan est à relativiser. Si ce n’est pas déjà dès les années septante. Selon Neidhart, la démocratie plébiscitaire helvétique s’est transformée en démocratie de négociation, en raison de la menace du référendum, outil mis à disposition de l’opposition. Ainsi, les forces politiques  suisses ont toujours été obligées de négocier – principalement dans la phase pré-parlementaire – afin d’éviter justement une phase référendaire. Mais les années huitante ont coïncidé avec une recrudescence du lancement d’initiatives et de référendums, ainsi qu’un plus fort mécontentement à l’encontre de l’exécutif. Cette augmentation a sans doute atteint son maximum avec la monopolisation toujours plus importante de l’instrument de l’initiative par l’UDC et ceci dès l’entrée de Christoph Blocher au gouvernement en 2003 (même si la gauche mobilise aussi – quoi qu’à des proportions plus faibles – les instruments de démocratie directe). Quoi qu’il en soit, l’utilisation d’instruments de la démocratie participative – en particulier celui du référendum – a eu pour conséquence d’agrandir la coalition gouvernementale. Alors que le premier Conseil Fédéral n’était représenté que par des Radicaux (suite à la victoire de la guerre du Sonderbund), celui-ci s’est gentiment chargé de coopter les partis contestataires. C’est cela aussi, la concordance. Or, pour être coopté, il faut être d’accord de suivre les règles du jeu : passer de l’opposition à la majorité et abandonner les armes référendaires. Le parti de la rose le fit après la Seconde Guerre mondiale, tant l’effet Zemp (déradicalisation de l’opposition) n’était pas possible avant.. Reste que l’UDC, véritablement coopté dès 2003 n’a pas respecté les règles du jeu. A témoin, les innombrables ruptures de collégialité, mais surtout le lancement croissant d’initiatives (à l’encontre des étrangers et des abus dans l’aide sociale notamment). Un comble lorsque l’on sait que le parti comptait deux conseillers fédéraux, respectivement en charge de la sécurité intérieure et de la défense extérieure….Et même avec 30% de l’électorat et deux UDC au gouvernement, le premier parti de suisse s’est toujours revendiqué dans l’opposition !

Aujourd’hui, l’UDC a fait partiellement scission, même si ses effets restent limités. D’ailleurs, ce n’est pas nouveau qu’une section locale d’un parti soit en désaccord avec son directoire national. Reste que l’UDC est aujourd’hui institutionnellement légitimité, alors que 30% de son électorat n’est plus représenté au sein du gouvernement. Elle est enfin rentrée dans l’opposition et pourra à loisir utiliser les instruments de démocratie directe, sans qu’on ne puisse le lui reprocher. Son discours semble enfin cohérent. A l’inverse, l’UDC est hors du Conseil fédéral et paie au prix fort son non-respect de la concordance.

De l’utilisation du gaz moutarde dans les tranchées de Verdun, en passant par les massacres ethniques à la machette au Rwanda, tout conflit armé mobilise des passions anomiques destructrices. Carl Von Clausewitz, témoin des guerres prussiennes, fût le premier à noter la montée aux extrêmes des guerres. La mobilisation des passions est inhérente à toutes les guerres. D’ailleurs, en se penchant sur Hobbes et Rousseau, deux auteurs classiques qui ont inspiré le courant réaliste, je  cet argument est le seul qui peut être avancé par les théoriciens des relations internationales contemporaines, tant il n’est pas possible d’imputer les guerres à la seule cause des passions. Les deux autres causes, avancées par Kenneth Waltz, soit la spécificité des régimes politiques et de l’anarchie des relations internationales doivent être nuancées.

Deux courants, l’un marxiste et le second libéral tentent d’imputer les causes de la guerre à la spécificité des régimes politiques. Le second courant, tant il me paraît plus révélateur. Deux choses sont à noter. D’une part, le commerce créerait des liens d’interdépendances complexes entre les Etats, amenant ces derniers à une concorde internationale. D’autre part, Kant oppose les régimes despotiques aux régimes libéraux. Ces derniers, sont jugés bien moins belliqueux, en raison de leur constitution républicaine, tant les citoyens subiraient les externalités de la guerre, facteur dans lequel un despote ne serait pas impliqué. « Chaque citoyen concourt, par son assentiment, à décider la question si l’on fera la guerre ou non. Or, décréter la guerre, n’est-ce pas, pour des citoyens, décréter contre eux toutes les calamités de la guerre » (Kant, Projet de la paix perpétuelle). Cependant, l’argument de Kant est problématique. Selon Michel Doyle, repris par Pierre Hassner, les trois articles du Projet de la Paix Perpétuelle de l’auteur sont devenus réalistes après la Guerre froide. Mais ceci, exclusivement pour les pays démocratiques, puisqu’ils ont simplement conclu une paix séparée entre eux depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, correspondant à une alliance de peuples libres qui ont décidé de ne plus se battre. Reste que les régimes démocratiques ne sont pas pour autant moins belliqueux, s’attaquant aux régimes totalitaires (Irak, Afghanistan).

Tout comme l’argument de Kant, celui, imputé à la nature des relations internationales, comme cause de la guerre doit être nuancé. L’anarchie internationale, caractérisée par l’absence d’un supérieur commun détenant le monopole de la violence physique légitime, implique le recours à la force des souverainetés dès que cela l’exige. Mais l’effondrement de ces dernières est aujourd’hui bien plus problématique que la violation de celles-ci. A témoin : les Etats en faillite ne pouvant assurer la cohésion sociale, avec comme conséquence, la recrudescence des guerres civiles. En effet, selon une étude (De Senarclens Pierre, Ariffin Yohan, La Politique Internationale, page 86), sur 116 conflits entre 1989 et 2002, 7 seulement étaient interétatiques. L’Etat de nature de Locke, qui n’est pas associé à un Etat permanent de guerre doit alors être privilégié, au dépend de celui de Hobbes, qui l’assimile à une guerre de tous contre tous.

Cependant, l’analyse de Hobbes, qui a inspiré le concept d’anarchie du courant réaliste, reste pertinente dans l’analyse des passions, comme cause de la guerre pour les théoriciens contemporains. Et il n’est pas le seul. Le sophiste Thucydide déjà, relevait lors de la guerre du Péloponnèse (-431 à – 405 avant J-C), les passions et l’impérialisme politique comme causes profondes de la guerre. La crainte de la montée en puissance d’Athènes impliquait alors l’attaque des Spartiates et de ses alliés. Hobbes quant à lui, relève trois objets de querelles : profit, sécurité, réputation (Hobbes, Le Léviathan, page 123). Ceux-ci renvoient à l’aspect cognitif de l’émotion relevée par Dunbar Broad, dirigée envers un objet et qui a des qualités propres. L’aspect affectif quant à lui, charge les objets de querelle d’une qualité émotionnelle à intensité variable (destructrice et restauratrice). Pour le cas de la sécurité, c’est respectivement la colère et la crainte. Pour Hobbes, l’état de nature est aussi caractérisé par la crainte et le risque continuel de la mort. Les hommes vivent une vie solitaire et animale, dans une condition misérable. Naturellement égaux d’esprit et de force, ces derniers sont mus par des désirs anomiques et seule l’institution du Léviathan permet de les canaliser, en faisant appel à la raison, afin d’instituer une paix.

Rousseau est aussi un auteur révélateur. L’homme serait naturellement bon, instinctif, solitaire, bercé par l’amour de soi, la pitié et l’empathie. C’est l’entrée dans l’Etat civil, en raison de la perfectibilité des hommes, qui solliciterait les passions anomiques. Celles-ci peuvent être cependant cadrées à l’intérieur de l’Etat. « D’homme à homme, nous vivons dans l’état civil et soumis aux loix, de peuple à peuple, chacun jouit de la liberté naturelle : ce qui rend au fond notre situation pire que ces distinctions étaient inconnues » (Rousseau, Que l’Etat de guerre nait de l’Etat social, page 610). Les princes, animés par l’amour propre ont alors plus que deux objectifs: étendre leur domination en dehors et la rendre plus absolue au dehors, débouchant sur un Etat de guerre, sans supérieur commun, comme l’indique aussi Hobbes.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces analyses classiques sur les passions, comme cause de la guerre ? Une chose est sure : il est aujourd’hui difficile d’entrer au cœur même des hautes sphères politiques pour comprendre les sentiments qui animent les conseillers, à l’image de Machiavel et des dirigeants, dans la conduite d’une guerre. Si Rousseau fait le lien entre l’amour propre des princes et leur politique belliqueuse, il est bien difficile aujourd’hui de l’analyser, sauf peut-être en parcourant leurs mémoires, sans assurance de réussir.

En ne rejetant cependant pas l’existence de passions tant dans la nature humaine, dans les régimes politiques, que dans la configuration du système international, le seul postulat qui peut aujourd’hui être prouvé est la mobilisation des passions par les dirigeants à travers des discours performatifs pour mener la population à la guerre. Après la Guerre froide, les questions de sécurité ont réveillé des émotions dans les régimes libéraux. Cependant, la mobilisation est toujours plus difficile. L’excitation de la colère et de la peur a permis à l’administration américaine de légitimer la guerre en Afghanistan. Mais pousser les Américains à soutenir aujourd’hui le bourbier américain est plus difficile, impliquant des concessions, comme le retrait d’une partie des troupes. Finalement, on remarque ici le lien entre, guerre, passion et politique. Pour Clausewitz, la guerre est une affaire de peuples, s’enflammant de passions, surtout si celle-ci s’enlise. Dans sa lecture réelle, la guerre est la simple poursuite de la politique par d’autres moyens. Si les leçons de l’histoire poussent les hommes à la raison, en évitant des guerres totales et destructrices, animées par un sentiment nationaliste, reste que les passions ont elles aussi, deux dualités. Elles peuvent être canalisées, pour être douces et sociables, afin d’instituer un Etat de paix, proche du courant légaliste. Ou alors mobilisées, voire exacerbées, pour faire basculer tout un peuple dans la guerre.

 

 

 

J’étais dans un bar cet après-midi. Alors que je fumais une clope et que je buvais mon café devant mon ordinateur portable, je me disais qu’il fallait absolument que je mette un point final aux articles que j’avais en retard, ainsi que les dix-mille travaux que j’avais à rendre pour l’Université. Autant dire que je n’avais pas forcément la tête à fêter ce dimanche, la fête des mères. Tout d’un coup, un type me tend la main. “Bonjour, je m’appelle Marc.  Vous allez bien ?”. A première  vue, ce type était dérangé. Il venait de faire le tour du bar pour serrer la main à tous les clients…. Certains le regardaient d’un air circonspect. Après avoir changé trois fois de place et commandé une dizaine de fois sa boisson à la sommelière….le voilà qui s’essaie à côté de moi, avec son grand sourire. “Vous faites quoi sur votre ordinateur ?”, me questionne-t-il. Je lui explique que j’ai pas mal de travail…Il avait l’air de s’en ficher complètement. Je lui tends une chic. Il me remercie. Je lui explique ensuite que je me réserve un peu de temps aussi pour regarder la finale de Wawrinka via Zattoo sur mon ordinateur. ”C’est qui Wawrinka ?”, rétorque-t-il. Je lui explique que c’est un des meilleurs tennismans suisses…avec Roger et qu’il joue aujourd’hui à Rome. Il semblait ne pas connaître….

Marc, je me rappelle maintenant l’avoir croisé le matin dans le train…Je ne sais pas exactement où il se rend, mais sa vie se résume à quelques préoccupations précises. Dire bonjour à tout le wagon, se renseigner sur l’heure qu’il est, la prochaine station que le train régional atteindra, ou encore de ne pas oublier sa veste dans le train…sans oublier si il fera beau demain… Et bien en ce dimanche après-midi, Marc m’a redonné le sourire….comme lorsque je le croise le matin à 7h dans le train. Il s’en fiche complètement de qui est Wawrinka, ou Federer, du travail qui m’attend ou de celui qu’il aura à fournir demain. Ce petit gars sait simplement nous rappeler l’essentiel. Quid du travail ou de l’argent que l’on doit se faire, le principal est de faire partager son bonheur avec les autres. L’échange, les rencontres. Tout le reste n’a pas d’importance s’il n’est pas partagé….Une morale que résume d’ailleurs bien le film Into the Wild de Sean Penn. Un film que Marc n’a sûrement pas vu. Pourtant, ce gars m’a aujourd’hui fait la leçon, alors qu’intrinsèquement, il n’a rien de plus extraordinaire qu’un autre. Morale de l’histoire : j’ai bouclé mon ordinateur, je suis passé chercher des fleurs et je suis allé voir ma mère.

394 visites depuis sa création, dont 67 aujourd’hui! C’est un joli score pour un blog qui a ouvert depuis à peine un mois! Surtout, que je n’ai pas vraiment fait de publicité!

Pour un journaliste, c’est souvent extrêmement frustrant lorsque des papiers ne sont pas publiés auprès des médias qui les ont commandé. Ceci est dû à plusieurs raisons : qualité du papier, place dans le journal (lorsqu’une autre actualité prend le dessus, certains titres ne sont pas forcèment adpetes de longs reportages, privilégiant l’information ciblée, courte et rapide), ou une question d’angle (certains sujets sont traités différement selon les médias).

Ce dernier point reflète justement tout l’objectif de ce blog. Loin de moi l’envie de porter un jugement sévère sur la presse suisse et romande en particulier (au niveau du choix des sujets et des angles) ou sur mon travail, un journal est avant tout un produit, qui doit répondre aux exigences de ses lecteurs. Difficile donc d’intéresser des lecteurs, avec des photos-reportages de 9000 signes…Ce blog se veut instructif, mais surtout différent, avec parfois un parti pris. Pour être lu, il faut savoir écrire ce que les autres n’écrivent pas. D’où le titre : “Le journalisme suisse, pas mieux, mais autrement”. L’important est d’avoir été lu et pas forcèment par le plus grand nombre.

Je ne sais encore comment ce blog va évoluer, mais vu le nombre de visites, c’est déjà un bon début. De plus, il est difficile de l’alimenter tous les jours de papiers originaux, et de plus est, exclusif, vu mes activités rémunérées et estudiantines que votre rédacteur mène à côté. Ce blog est donc voué à évoluer, dans un sens ou un autre. Vous êtes donc toutes et tous cordialement invité (voir fortement) à interagir, à proposer vos idées et à partager vos points de vues.  Bonne visite

 

La publicité pour l’alcool est désormais autorisée sur les châines de télévision privées locales suisses. La Télévision Région Lausannoise (TVRL) a diffusé pour la première fois de son histoire la semaine dernière, une publicité ventant les mérites des vins vaudois du Lavaux (on y remarque tout le talent d’actrice de Lauriane Gilléron…ex-miss suisse). Aujourd’hui, lors de l’émission Sportrégion, est-ce le tour des cigarettes ? Lors de l’interview du légendaire entraîneur de l’ES Malley (évincé par Constantin, après un passage rapide mais non moins remarqué à Sion) Gabet Chapuisat – 5 cigarettes fumées par match : 11ème du classement avec 34 points…on en tousse – laissait entrevoir son paquet de cigarette rouge et blanc… On apprécie ce qui peut être considéré comme une erreur de cadrage…Mais on apprécie surtout le personnage du père Chapuisat : avec ses phrases longues de 12 kilomètres, son naturel et son aisance à l’interview, et son paquet de cigarette jamais très loin, quel carrisme, cet homme du Bois Gentil! “C’est le foot qui nous réserve des bonnes et des mauvais surprises”. Merci Gabet, pour l’analyse! On t’adore!

 

 

Le 4 mars dernier, le Conseiller d’Etat Philippe Leuba annonçait une série de mesures pour améliorer la cohabitation entre demandeurs d’asiles et habitants. Si les autorités continuent à travailler, l’atmosphère lui, est toujours aussi délétère. Impressions d’une immerssion, bientôt, sur le blog. Photos : Jean-Marie Michel.

Pour un parti adepte des campagnes personnelles, l’UDC est servie cette après-midi. Près de 12′000 personnes manifestent en ce moment leur soutien à la nouvelle Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, sommée de quitter le Conseil fédéral, au risque d’être exclue de son parti aujourd’hui même.

Voilà une belle preuve contre le soi-disant défici démocratique en Suisse, tant prôné par les spécialistes. Mieux, cela montre l’opposition (12′000 personnes ce n’est peut-être rien, les quelques 50′0000 signatures adressées à la Conseillère fédérale peut-être plus) des électeurs face aux agissements du premier parti de suisse. Mais cela prouve aussi et surtout un message fort des électeurs, mêmes si ils peuvent difficilement changer les règles du jeu politique, qui veulent du respect des les débats démocratiques. On manifeste aujourd’hui une nouvelle fois contre l’UDC, mais cette fois-ci en faveur d’une Conseillère fédérale démocratiquement élue. Les vitres ne seront sûrement pas brisées cette fois-ci le long du cortège, au contraire du Comptoir suisse à la fin de l’année 2007. L’UDC a peut-être oublié une chose importante, surtout après la dernière campagne éléctorale. Les électeurs sont intelligents et déterminés…à ne pas être une nouvelle fois les “moutons” de la farce!